02.04.2011
La mémoire : une faculté vitale, clé de la réussite
Dernière note insérée dans le blog :
Un oubli.... et 140 000 francs partent en fumée.
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Un oubli dramatique
Nous ouvrons ce chantier sur la mémoire par un fait divers réel qui montre à quel point un oubli peut avoir de très graves conséquences.
Le 15 juillet 2008 vers 14 h 30, à Pont de Cheruy (Isère), un pharmacien installe son fils de deux ans et demi à l'arrière de son véhicule afin de le conduire chez ses grands parents maternels avant de se rendre à son officine. Habituellement c'est son épouse qui le fait mais ce jour-à elle en avait été empêchée.
Sur son parcours, non loin de sa pharmacie, il est témoin d’un accident de la circulation avec délit de fuite. Il relève le numéro d’immatriculation du véhicule mis en cause et fournit l'information à la victime. Après cet intermède qui n'aura duré qu'un quart d'heure, il rejoint à pied sa pharmacie toute proche, en oubliant que son fils se trouve dans sa voiture.
Ce jour-là la météo avait enregistré à 16 h une température de 24°5 sous abri. Combien dans un véhicule fermé, resté pendant deux heures en plein soleil ?
Vers 16 h 45 une passante remarque la présence d'un enfant semblant somnoler à l'arrière du véhicule et prévient les gendarmes qui brisent une vitre de la voiture pour en extraire l'enfant.
Alertés à leur tour les pompiers puis les médecins du SAMU font tout ce qui est en leur pouvoir pour le ranimer mais il est trop tard. À 18 h 30 les médecins constatent son décès dû à une hyperthermie induite par insolation.
Et voilà. C'est simple. C'est bête. Mais c'est tragique. Nul n'est infaillible et quelquefois, comme dans le cas présent, un concours de circonstances peut jouer contre nous et c'est la catastrophe irréparable.
Il ne serait pas prudent de croire que cela ne peut arriver qu'aux autres. Afin de limiter ce risque, et bien d'autres, nous devons partir du principe, que pour au moins tout ce qui relève de notre responsabilité....
----- NOUS N'AVONS PAS LE DROIT D'OUBLIER ------
Avant - propos
Nous nous intéressons à la psychologie en général à commencer par la mémoire, parce que nous la considérons comme la première faculté humaine. On ne peut rien faire sans mémoire. Il serait même imposible de survivre. C'est l'auxiliaire indispensable de l'intelligence.
Nous avons tous besoin d'avoir une mémoire aussi excellente que possible, pour étudier, pour travailler ou tout simplement pour vivre au quotidien. Pour obtenir le meilleur rendement d'une machine il faut savoir comment elle fonctionne. Qu'est-ce que la mémoire ? Comment fonctionne-t-elle ? Comment l'entretenir ? Comment l'améliorer ?
Si le sujet vous intéresse aussi, nous vous invitons à apporter votre contribution au chantier que nous ouvrons aujourd'hui. Les commentaires étant ouverts, n'hésitez pas à vous en servir pour l'enrichir de vos connaissances et de votre expérience.
But de ce blog
Le but de ce travail n'est pas d'étudier scientifiquement ce qui se pase dans les cellules de notre cerveau. C'est le travail des scientifiques. Tant mieux si la vulgarisation scientifique le met à notre portée pour enrichir nos connaisances.
Par ce travail nous poursuivons deux objectifs:
1 - Comment entretenir et développer pratiquement notre mémoire naturelle.
2 - Comment l'aider par des procédés artificiels, à mémoriser des données difficiles à mémoriser.
Afin d'avoir une bonne mémoire, et la conserver le plus logntemps possible, pour bien vivre au quotidien, bien travailler et acquérir de nouvelles connaissances.
Quoi que l'on fasse et quoi que l'on veuille faire, on aura toujours besoin d'apprendre et on aura donc toujours besoin d'avoir de la mémoire.
Malgré l'existence des ordinateurs, ceux qui ont une excellente mémoitre sont appréciés sur le plan professionnel. Cette aptitude peut faire la différence avec un concurrent.
Les dispositions naturelles
On admettra sans peine que nous naissons tous avec des dispositions naturelles tant physiques qu'intellectuelles plus ou moins grandes et il en est de même pour la mémoire. De même que tout le monde ne peut pas courir un cent mètres en dix secondes même en s'entraînant dur s'il n'est pas fait pour ça, de même tout le monde ne peut pas apprendre par coeur une pièce de théâtre avec la même facilité apparente qu'un acteur professionnel.
La plupart d'entre nous avons une mémoire qui est sous-employée. Certes on ne peut pas transformer un cheval de trait en un cheval de course, ni quelqu'un qui a une mémoire moyenne en quelqu'un qui a une mémoire prodigieuse, mais il est possible de développer sa mémoire au maximum de sa capacité.
Le but de ce travail est de rassembler les connaissances nous permettant d'acquérir une excellente mémoire et de la conserver le plus longtemps possible.
Tout se tient
D'après la philosophie matérialiste tout se tient dans la nature. Tout agit sur tout et tout dépend de tout. Il en est de même de la mémoire.
La mémoire est une faculté psychique. Le psychisme est une fonction du cerveau faisant lui-même partie du corps humain, le corps fait partie de la nature et l'individu vit dans un milieu social. Il y a donc intérêt à tenir compte (autant que possible) de tous ces facteurs pour tirer le meilleur le parti de la mémoire. Mais si tout influe sur la qualité de la mémoire, inversement, une excellente mémoire aura une influence bénéfique sur le corps, l'esprit et sur notre vie sociale.
Le cerveau
Le cerveau est l'organe de la pensée. L'esprit et le corps ne font qu'un. Un esprit indépendant du corps est une invention des religions et des charlatans exploitant le "paranormal". La preuve que l'esprit et le corps ne font qu'un c'est que quand le cerveau est malade, la pensée est malade et toutes les facultés, y compris (ou surtout) la mémoire en sont plus ou moins affectées. Nous supposons ici avoir à faire à des personnes ayant un cerveau normal et en bonne santé.
Généralement on se soucie de son cœur, de son estomac, de son foie ou de son intestion, mais nous travaillons, nous mangeons, nous dormons, nous nous amusons et nous vivons sans penser que nous avons aussi un cerveau (appelé système nerveux central) qui mérite autant, sinon plus que les autres de faire l'objet de notre attention.
Laissons la partie médicale aux médecins. Ce que nous pouvons dire c'est que l'entretien du cerveau exige d'être bien irrigué par un sang complet, contenant tous les éléments nutritifs nécessaires, et surtout bien oxygéné.
Il faut savoir que ses besoins en oxygène représentent 20% de notre consommation, alors que son poids n’est que de 2% de celui du corps. Il est l’organe le plus vascularisé de l’organisme : toute interruption circulatoire entraîne rapidement des dégâts irréversibles.
D'autre part ses besoins nutritionnels sont considérables, en sels minéraux, en glucose, carburant des neurones, et en lipides, constituant la double membrane des neurones, au niveau de laquelle s’effectuent les connexions et les échanges.
Il est à peine nécessaire d'ajouter qu'un minimum d'exercice physique au grand air et d'activités intellectuelles, ne peuvent que contribuer à le maintenir en bon état.
Les médicaments et le cerveau
Attention aux médicaments pouvant avoir une action sur le cerveau. C'est une question assez sérieuse pour ne pas s'en préoccuper. Évitez les nouveaux médicaments qui pourraient (concurrence oblige), avoir été mis sur le marché trop tôt sans avoir été suffisamment testés. Préférez les génériques qui ont au moins vingt ans d'existence. Les effets secondaires d'un médicament peuvent se faire ressentir à long terme, et sur les enfants dont la formation du cerveau n'est pas encore terminée.
Certains médicaments (à ne pas prendre la veille d'un examen), somnifères, tranquillisants, antidépresseur, les bêta-bloquants, les anti-histaminiques... peuvent aggraver les oublis ou les trous de mémoire. Soyez attentif aux informations qui circulent sur les médicaments, lisez les notices et demandez conseil à votre médecin.
En règle générale, consommez le moins possible de médicaments. Rappelons à ce sujet cette citation d'Hippocrate : "Que ton aliment soit ton seul médicament".
Cerveau et téléphone mobile
Une équipe de chercheurs américains a mené une étude sur 47 participants pour examiner les effets des téléphones portables sur les activités cérébrale, dans une zone donnée du cerveau, entre le 1er janvier et le 31 décembre 2009. Ils ont pu constater qu'après une utilisation de 50 minutes, dans la zone cérébrale située à proximité de l'antenne téléphonique, le métabolisme du glucose était d'environ 7 % plus élevé que dans les autres parties du cerveau, sans pouvoir en tirer de conclusions pour la santé.
D'autres études ont montré que les radiofréquences utilisées par les téléphones portables pénètreraient les tissus en dégageant une petite quantité de chaleur, provoquant un échauffement dû à l'absorption d'énergie, mais que cette chaleur serait évacuée par les processus normaux de thermorégulation de l'organisme.
Malgré des centaines d'études à travers le monde, personne n'a encore démontré de façon probante, la nocivité du téléphone portable pour la santé en général (le danger le plus redouté étant le risque de cancer), ou pour le psychisme (et la mémoire) en particulier.
En attendant que des études plus poussées à long terme, permettent d'en savoir davantage, il convient d'observer les mesures de précaution préconisées par les scientifiques et l'Organisation Mondiale de la santé, surtout pour les enfants dont la formation du cerveau n'est pas encore terminée. C'est à dire :
- Éviter une utilisation intensive du portable.
- Éloigner le plus possible l’appareil de l’oreille en utilisant une oreillette.
- Choisir un appareil à antenne longue.
- Éviter le port de lunettes métalliques lors des appels.
- Résister au désir de téléphoner dans les lieux clos et/ou souterrains (métro, gares, aéroports, immeubles…) car la puissance nécessaire pour émettre est alors plus importante.
Le sommeil
On a tendance à oublier que le travail mental est un travail qui consomme de l'énergie, et que l'énergie dépensée au cours des périodes de veille se reconstitue pendant le sommeil. Pour bien travailler physiquement et intellectuellement et avoir une mémoire à son meilleur niveau, il faut donc commencer par bien dormir. Combien d'enfants n'obtiennent pas à l'école les résultats qu'ils mériteraient, tout simplement parce qu'ils ne dorment pas assez.
Un sommeil suffisant en quantité et en qualité est la première condition d'une bonne utilisation de sa mémoire.
Combien de temps faut-il dormir ? Il n'y a pas de règle obsolue. Chacun son compte. On a bien récupéré lorsqu'on peut se lever sans se dire "Je restrerais bien encore un peu au lit". On peut avoir dormi 10 heures et se lever fatigué car la qualité du sommeil est aussi importante que sa quantité.
Il faut d'abord bénéficier d'une obscurité et d'un silence total. Selon l'environnement de l'endroit où l'on dort ce n'est pas toujours évident. S'il le faut, un bonnet de laine rabattu sur les yeux et des boules QUIES peuvent nous aider à remplir ces conditions.
Ensuite, et c'est très important, il faut évacuer de son esprit et de son subconscient toutes les idées parasites susceptibles de créer à notre insu des tensions psyphiques imperceptibles (parce qu'inconscientes), qui nuiront grandement à la qualité de notre sommeil et à une complète récurération. Si l'on est soucieux ou anxieux de nature, il suffit d'une inquiétude que l'on croit avoir surmontée mais qui est toujours présente dans notre inconscient, pour perturber notre sommeil, nous faire passer une mauvaise nuit.... et une mauvaise journée. Faites le vide dans votre tête en vous couchant, de manière à vous endormir tout à fait serein et confiant.
Couchez-vous dès que vous en aurez envie. Ne luttez pas contre le sommeil. Ne vous endormez pas sur votre fauteil ce n'est pas bon pour l'irrigation du cerveau. Allongez-vous.
Et si dans la journée vous ressentez le besoin de faire un petit somme, ne lui résistez pas. Il suffit parfois d'une petite sieste de 15 à 20 minutes pour retrouver sa forme.
Les meilleurs moments pour mémoriser
Vous avez peut-être déjà entendu dire que l'on passe la nuit avec la dernière idée que l'on a en se couchant et que l'on passe la journée avec la première idée que l'on en se réveillant. D'où peut-être l'expression se "lever d'un bon ou d'un mauvais pied".
Quoi qu'il en soit, il a été établi que les meilleurs moments pour fixer quelque chose dans sa mémoire seraient l'instant précédant immédiatement l'endormissement en se couchant, et le moment qui suit le réveil.
Après vous être mis au lit et avoir éteint la lumière avec l'intention de dormir, repassez en boucle dans votre tête ce que vous voulez retenir jusqu'à sombrer dans le sommeil. À votre réveil, que l'une de vos première pensées soit ce que vous voulez retenir.
Pendant la nuit le subconscient consolide l'acquisition de ce que l'on a voulu mémoriser dans la journée. La durée du sommeil serait très importante pour que cette consolidation puisse se faire correctement.
Des tests effectués par des chercheurs sur des étudiants de l'Université de Harvard aux USA auraient démontré que les connaisances acquises le jour peuvent se perdre si le cerveau n'a pas 6 à 8 heures de sommeil pour les consolider. Et que ceux qui avaient dormi moins de 6 heures pouvaient perdre jusqu'à 20 à 50 % des apprentissages de la journée précédente.
L'action du sommeil sur la mémoire serait donc double. D'une part elle permettrait de consolider les connaissances acquises la veille, et d'autre part elle créerait les conditions physiques et psychiques favorables pour en acquérir de nouvelles la journée suivante.
La conscience
L' être humain est en rapport avec lui-même et avec le monde extérieur. Avoir conscience d'une chose (concrète ou abstraite), c'est avoir clairement connaissance que cette chose existe ou se produit en nous ou en dehors de nous. Et on appelle conscience cette faculté de le savoir. Par suite, prendre conscience d'une chose, c'est en prendre clairement connaissance.
Si la mémoire est une faculté vitale, la conscience est la faculté première, car il faut d'abord savoir pour se souvenir. Elle vient donc avant la mémoire dans l'ordre des phénomènes psychologiques. Oublier n'est-ce pas ne plus savoir ?
Expression : Avoir conscience de ses responsabilités, c'est en avoir une idée claire, nette et précise.
Synonyme de prendre conscience : réaliser.
L'attention
L'attention est la faculté de se concentrer sur un objet concret ou abstrait (idée), en ignorant ce qui est en dehors de cet objet, de manière que lui seul apparaisse nettement dans le champ de la conscience.
Qu'elle soit involontaire et provoquée naturellement par une cause extérieure, ou consciemment voulue, l'attention est l'auxiliaire indispensable de la mémoire. Nous ne mémorisons bien que ce à quoi nous portons attention, et nous mémorisons d'autant plus nettement et plus durablement, que l'attention que nous portons à l'objet à mémoriser est plus intense.
Si j'écoute un orateur et que je suis passionné par ce qu'il dit, il captera toute mon attention. Toute ma personne sera mobilisée et tendue naturellement et sans effort vers cet orateur. Je n'aurai d'yeux et d'oreilles que pour lui et pour ce qu'il dit, et c'est comme si pendant ce temps, tout le reste n'existait pas.
Mais si je dois apprendre par cœur Le Cor d'Alfred de Vigny, je devrai concentrer volontairement mon attention sur le texte et pour cela, fournir un certain effort. Il n'y a pas de mémoire d'apprentissage sans attention volontaire.
Le niveau de la mémorisation dépendra du degré et de la durée de l'attention que j'aurai portée à la chose à mémoriser.
La forme
Il est difficile de définir la forme mais tout le monde c'est ce que c'est pour l'avoir ressentie. Elle dépend de facteurs physiques, psychologiques, météorologiques, etc... On est en forme quand on est "bien dans son corps et bien dans sa tête" comme disent les sportifs. C'est à dire que l'on est dans une condition physique et mentale optimale. Les athlètes sont très attentifs à leur forme parce qu'ils ne peuvent obtenir leurs meilleurs résultats que lorsqu'ils sont dans leur meilleure forme. Il en est du travail cérébral comme du travail musculaire, et donc aussi du rendement de notre mémoire.
Notre organisme fonctionne de façon cyclique. Chacun de nous, durant la journée, passe régulièrement d'un état de bonne forme, à des "coups de pompe", quand les "batteries" ont besoin d'être rechargées. Le corps humain est une machine qui a besoin d'énergie pour fonctionner et le rendement est optimum quand l'énergie est optimisée
Il est préférable de profiter des moments de forme, pour se livrer à un important travail de mémoire. Et de décrocher dès que l'on sent que l'on a besoin récupérer.
Mémoire consciente volontaire et mémoire d'habitude inconsciente
La mémoire volontaire est celle à laquelle on fait appel consciemment par un effort de volonté. Comme par exemple pour se rappeler ce que l'on a mangé hier à midi. La mémoire d'habitude est celle qui se manifeste inconsciemment sans effort volontaire. C'est une mémoire inconsciente qui nous dispense de faire chaque fois l'effort de se souvenir, pour effectuer des tâches répétitives.
Pour aller en voiture à mon supermarché habituel, arrivé à tel carrefour je dois tourner à droite. Mais hier j'ai emprunté le même itinéraire, et arrivé au dit carrefour j'ai tourné machinalement à droite comme pour aller au supermarché alors que j'aurais dû tourner à gauche pour aller ailleurs.
Distrait, navigant pour ainsi dire en pilotage automatique, mon subconscient a pris la relève pour pallier à la défaillance de mon attention et a exécuté le programme inscrit dans ma mémoire.
Cela met en évidence le rapport existant entre le subconscient et la mémoire et le rôle de la répétition pour l'enregistrement durable du souvenir.
La mémoire d'habitude inconsciente est utile comme mémoire d'apprentissage mais elle peut aussi nous jouer de mauvais tours. Dans le fait divers dramatique que nous avons rapporté au début de cette étude, c'est la mémoire d'habitude inconsciente de ce pharmacien, qui lui a fait regagner directement son officine après avoir quitté sa voiture en oubliant son fils à l'intérieur.
Mémoire et scolarité
On enseigne beaucoup de choses dans nos écoles sauf l'esentiel : apprendre à apprendre. Alors que c'est par là que l'on devrait commencer. Notre système est basé sur la sélection. Résultat : ceux qui réussissent sont ceux qui sont naturellement les plus doués ou qui ont des parents qui savent et qui peuvent les aider, ou qui ont les moyens de confier leurs enfants aux meilleurs éducateurs qui soient.
L'enseignement général repose entièrement sur la mémoire. L'enseignant fait son cours et l'élève doit retenir.
Tout est donc une question de mémoire.
Au cours d'une émission télévisée un écolier demanda à son instituteur :
- Monsieur, pourquoi il y a des élèves qui ne réussissent pas ?
Réponse de l'instituteur :
- Parce qu'ils ont des problèmes psychologiques.
Des problèmes psychologiques qui ne concernent peut-être pas directement la mémoire, mais qui l'affectent indiscutablement car tout se tient. L'élève qui n'a pas une bonne mémoire ne peut pas espérer faire de longues études.
En matière de résultats scolaires on pourrait dire que c'est la mémoire qui fait la sélection. Autant s'intéresser à celle de nos enfants. dans un double but, celui de réussir leurs études et de réussir plus tard dans la vie.
Nos sens et la mémoire
Notre cerveau reçoit les informations qui lui sont transmises par nos sens. Comme chacun sait, nos cinq principaux sens sont : la vue, l'ouïe, le toucher, le goût et l'odorat, mais nous en avons beaucoup d'autres, comme par exemple le sens de l'équilibre, qui siège dans l'oreille interne, ou la kinesthésie qui nous renseigne sur les mouvements et la position de notre corps, etc.... Si nous sentons que nous avons faim ou soif, que nous avons froid ou chaud, que nous sommes fatigués ou que nous avons sommeil, qu'une chose est plus lourde qu'une autre ou que nous avons mal quelque part, etc... etc... c'est parce que dans chaque cas il existe un sens qui en informe le cerveau.
Ce sont ces sensations-informations conservées par la mémoire qui sont la base de l'apprentissage. Quand un enfant commence à apprendre à marcher il ne tient pas en équilibre. À force de répéter les mêmes gestes avec l'aide se ses parents, et de connaître des succès et des échecs, sa mémoire développera le sens de l'équilibre en retenant les gestes utiles pour obtenir le résultat désiré. Si dans un premier temps il doit penser chaque mouvement qu'il fait, dès qu'il aura appris à marcher il le fera automatiquement sans penser à chacun des mouvements effectués. Ce n'est pas pour autant que les informations enregistrées par la mémoire auront disparu. Elles seront tout simplement devenues inconscientes.
Plus il y a de sens mis en jeu lors de la perception d'une information, plus elle s'imprimera profondément et durablement dans la mémoire.
Lorsque nous assistons à une scène, notre mémoire enregistre l'image de la scène. Mais si cette scène est accompagnée de bruits ou de cris, et si en plus elle provoque en nous une réaction émotionnelle, faisant intervenir à la fois notre sens de la vue, de l'ouïe et notre sensibilité, alors nous sommes assurés de nous en souvenir longtemps.
Mémoire et affectivité
L'homme est gouverné psychologiquement par quelques principes fondamentaux très simples, parmi lesquels :
- Il aime ou il n'aime pas.
- Il veut ou il ne veut pas.
Il s'ensuit que l'on mémorise plus facilement et plus durablement ce qui nous fait plaisir.
En paraphrasant Boileau, nous pourrions dire :
Ce que l'on aime bien se retient aisément et on se le rappelle tout aussi facilement.
Lorsque par nécessité ou obligation nous devons mémoriser une matière où le plaisir est absent, il faut stimuler sa mémoire par d'autres motivations comme l'ambition (s'élever au-dessus de sa condition), la rivalité (être meilleur que l'autre), l'intérêt (acquérir un avantage), l'amour propre (se surpasser), etc..
Stimulez votre mémoire
La fonction, sinon crée l'organe comme on le dit, du moins elle l'adapte, elle l'entretient et le développe. À l'inverse, tout organe qui ne fonctionne pas dégénère et s'atrophie. Une articulation trop longtemps plâtrée perd de sa capacité à remplir sa fonction au bout d'un certain temps. Il en est de même de notre cerveau qui est un organe comme un autre, mais on n'y prête pas attention et lorsqu'on vient à s'en apercevoir, les dégâts peuvent être importants.
Tant que l'on est en activité la mémoire est activement sollicitée tous les jours, mais le problème se pose dès que l'on prend sa retraite. La mémoire décline avec l'âge, certes, mais si on se laisse aller, si on ne lui demande que le strict minimum, elle déclinera plus rapidement, et l'on sera tenté de mettre ce déclin sur le compte de l'âge, alors que le fait de ne plus la faire travailler sera en partie responsable de ce déclin.
Pour ne pas laisser rouiller sa mémoire et garder un esprit alerte, il est conseillé de pratiquer des activités ludiques et de loisir. Mais on peut profiter aussi de toutes les occasions offertes par la vie courante pour stimuler sa mémoire. Les meilleurs exercices sont ceux qui sont en rapport avec la vie.
Par exemple, quand vous faites vos courses au supermarché, repérez l'emplacement des rayons et la place des produits dans ces rayons. Cela vous fera gagner du temps.
Avant de vous rendre au magasin établissez votre itinéraire. Dressez la liste des produits que vous devez acheter, mais faites vos achats de mémoire, sans vous servir de la liste, que vous ne consulterez que quand vous aurez terminé pour vérifier si vous n'avez rien oublié.
Autre exemple. Soyez attentif (pas de mémoire sans attention), à ce que vous faites et à ce qui se passe dans la journée et en fin de journée, passez-le mentalement en revue, en essayant de vous en souvenir avec le plus de détails posible (Qui, quoi, où, pourquoi, combien, comment, à quelle heure....).
Lorsque ces gymnastiques mentales deviendront une habitude, vous entraînerez votre mémoire naturellement sans vous en rendre compte.
Testez votre mémoire
Ce qui suit s'adresse en particulier à ceux qui ont cessé toute activité professionnelle. Point n'est besoin pour tester sa mémoire d'avoir recours à des exercices artificiels sans lien avec la vie réelle.
Voici une méthode pratique et efficace. Apprenez par cœur, petit à petit, un texte d'environ 700 mots. Celui qui vous plaira peu importe. Récitez-le tous les jours, de préférence le matin peu après le réveil, pendant que vous êtes encore frais. Tant que vous arriverez à le réciter entièrement, sans trous de mémoire et sans mettre un mot à la place d'un autre, c'est que votre mémoire est au top.
Si en le récitant en fin de journée vous constatez quelque défaillance, ne vous inquiétez pas. C'est dû à la fatigue et c'est normal. La mémoire s'entretient et se développe comme un muscle, par l'exercice.
Cela vous demandera un petit effort et un peu de volonté, mais dites-vous bien que rien ne s'obtient sans travail.
Faites cette gymnastique mentale matinale tous les jours (ce décrassage en langage sportif), et au bout de quelques temps vous en constaterez les bienfaits.
Ne vous endormez pas dans le confort
Sous prétexte de nous faciliter la vie, mais en réalité pour nous pousser à consommer, et faire marcher les affaires, on nous incite à utiliser toutes sortes de dispositifs qui nous dispensent de faire un effort physique ou mental. On appuie sur un bouton et hop, sans se déplacer la porte s'ouvre, la fenêtre se ferme, l'appareil se met en marche ou s'arrête. Mais il n'y a pas d'avantages sans inconvénients et toute médaille a son revers. On encourage la paresse, on déresponsabilise l'individu et on émousse ses réflexes (comme avec la boîte de vitesse automatique).
Tous les téléphones modernes offrent la posibilité de programmer un grand nombre de numéros de téléphone. Pourquoi donc se fatiguer à les retenir. On finit par ne plus connaître le numéro du parent proche ou de l'ami à qui on téléphone pourtant trois fois par jour en appuyant sur une touche. Ne vous endormez pas dans le confort. Faites travailler votre mémoire. Apprenez les 10 numéros de téléphone que vous appelez le plus souvent. Inscrivez-les sur une fiche posée à côté du téléphone et composez les numéros en passant par le clavier au lieu d'utiliser la mémoire de votre appareil. Faites progressivement l'effort de composer les numéros de mémoire sans regarder la fiche et bientôt vous les connaîtrez par cœur.
Ne jamais rester sur un échec
Si par exemple au cours d'une conversation, on ne peut se souvenir d'une date, d'un nom de lieu ou du nom d'une personne, on doit tout faire pour le retrouver dans les instants ou les jours qui suivent. On ne doit jamais capituler devant ce qu'on appelle "un trou de mémoire" et rester sur un échec, car ce serait encourager la paresse de la mémoire. On doit considérer l'entretien de la mémoire comme un sport cérébral, et la rafraîchir chaque fois que cela est nécessaire, fait partie de l'entraînement.
Ne compter que sur soi-même
Il est trop facile de s'adresser à quelqu'un de son entourage en lui disant "fais-moi penser demain à faire ceci ou cela". Le moins que l'on puisse dire est que c'est se reposer sur un autre dont la mémoire peut être tout aussi défaillante que la nôtre. Il faut faire preuve de caractère, s'imposer une discipline et pendre la bonne habitude de ne compter que sur soi-même, et avoir aussi le cas achéant, de la mémoire pour ceux de notre entourage à qui elle viendrait à faire défaut. Nous en tirerons ainsi un double avantage, personnel et social, car au lieu de compter constamment sur les autres et dépendre d'eux, c'est nous qui deviendrons indispensable aux autres et cela nous valorisera.
L'autosuggestion.... ou la méthode Coué
J'ai une bonne mémoire... j'ai une bonne mémoire... j'ai une bonne mémoire...
Tous les moyens sont bons pour entretenir, développer et conserver une bonne mémoire. Il existe en psychologie un principe selon lequel l'homme tend à devenir semblable à l'idée qu'il se fait de lui-même. Par conséquent, si vous êtes persuadé que vous n'avez pas de mémoire, que vous le reconnaissez et que vous le dites, vous renforcez l'état dans lequel se trouve votre mémoire.
Il ne sert à rien de vouloir en pensant le contraire car dans ce cas c'est l'imagination qui l'emporterait.
Alors imaginez-vous en quelqu'un qui a une excellente mémoire, dites-le vous souvent, répétez-le, (et même écrivez-le), et vous favoriserez la réalisation de cette idée.
L'alcool
L'alcool est un excitant à petites doses et un anesthésiant à forte dose. À l'époque où les produits dopants n'étaient pas aussi connus qu'aujourd'hui, certains entraîneurs donnaient une petite dose d'alcool à leur cheval avant la course.
Chez l'homme, l'alcool à haute dose peut entraîner des lésions irréversibles des neurones au bout de quelques années. Chez les grands alcooliques, on a mis en évidence des altérations de la mémoire à long terme dues à des lésions cérébrales.
D'après l'encyclopédie Doctissimo, "des chercheurs auraient étudié pendant 18 ans, la consommation d’alcool de 3556 américaisn et japonais âgés de 71 à 93 ans, vivant à Hawaii. Les résultats montreraient que chez les hommes de plus de 50 ans, les non-buveurs et les gros buveurs sont plus sujets à des détériorations mentales que les personnes ayant une consommation modérée de boissons alcoolisées. Les meilleurs résultats aux tests d’apprentissages des septuagénaires, auraient été enregistrés chez ceux consommant une boisson alcoolisée par jour vers l’âge de 50 ans, par rapport à ceux qui buvaient plus ou ne buvaient pas".
C'est un fait avéré, que la plupart des centenaires, (dont Jeanne Calment qui a vécu 122 ans, 5 mois et 14 jours), ayant conservé leurs esprits jusqu'à la fin de leur vie, buvaient quotidiennement leur petit verre d'alcool.
Toutefois, ajoutent ces chercheurs, "bien que ces résultats soient un élément de plus confortant l’idée selon laquelle une consommation modérée d’alcool est bonne pour la santé, nous recommandons la prudence quant à la conseiller à toutes les personnes âgées, car pour beaucoup d'entre elles, les risques pour leur santé peuvent outrepasser les bénéfices potentiels".
Rappelons à ce sujet la phrase de Paracelse, médecin suisse du XVIème siècle, considéré comme le père de la médecine moderne, disant que : "Ce n'est pas la substance mais la dose qui fait le poison".
(Le trioxyde d’arsenic qui est un poison, est néanmoins utilisé en injection à très faibles doses comme médicament anticancéreux).
Quel jour du mois sommes-nous ?
Ne vous est-il jamais arrivé (par exemple au moment de remplir un chèque) de demander quel jour du mois ou de la semaine nous étions ? Comment voulez-vous vous rappeler plus tard, des événements qui se seraient passés dans la journée, en les situant dans le temps, si vous ne savez même pas quel jour ils se sont déroulés.
Ce n'est pas grave direz-vous. Grave non. Mais pas sans importance. Car en pour ce qui est de la culture de la mémoire les petits détails ont leur importance. C'est par eux que l'on doit commencer à discipliner sa mémoire parce que ce sont les plus faciles à corriger.
Au cours de ses spectacles, Inaudi pouvait dire quel était le jour de la semaine de n'importe quelle date proposée par un spectateur. Si vous constatez que vous commencez à être fâché avec le calendrier, ne vous laissez pas aller. Réagissez. Ne commencez pas une seule journée sans savoir quel est le jour du mois et de la semaine. Il suffit que chaque matin, en prenant votre petit déjeûner, vous vous répétiez par exemple : "aujourd'hui nous sommes samedi 29 janvier". Cela deviendra vite une habitude. Vous le retiendrez toute la journée. Vous n'aurez pas à le demander au commerçant au moment de remplir votre chèque (...et en plus avec son stylo parce que vous aurez oublié le vôtre). Ainsi vous n'aurez pas l'air de quelqu'un de perdu qui ne sait plus où il en est.
Est-ce que vous vous souvenez du numéro d'immatriculation de votre voiture ?
Personne ne peut dire qu'il n'a jamais vu le numéro d'immatriculation de sa voiture. Certains le voient même tous les jours, et pourtant la moitié des propriétaires de voitures ne s'en souviennent pas. C'est la preuve qu'il ne suffit pas toujours de voir pour se souvenir mais qu'il faut regarder avec la volonté, ou plutôt avec l'intention de retenir.
Nous avons posé la question par internet à tous nos correspondants. Un grand nombre n'ont pas répondu.
180 ont répondu par OUI ou par NON
88 soit 48, 89 % ont répondu OUI
92 soit 51, 11 % ont répondu NON
Certains ont ajouté un petit commentaire.
- Nous avons deux voitures et je connais les deux numéros.
- Je ne le connais que partiellement.
- Je le connaissais mais je l'ai oublié.
- Je ne le connais pas parce que ma voiture est récente.
- Le mode d'immatriculation des voitures a changé et je ne suis pas encore habitué aux nouvelles immatriculations.
- Je conduis la voiture de mon père mais je n'en connais pas le numéro.
- Je n'emprunte que les transports en commun.
- Je n'ai pas de voiture.
- Je ne connais pas le numéro de ma voiture mais je me souviens de mon numéro de sécurité sociale.
- Je me souviens du numéro de ma voiture parce qu'il est facile à retenir.
- Pourquoi posez-vous cette question ?
- Cela ne m'intéresse pas.
- Une dame : Je me souviens même du numéro de ma première voiture. On n'oublie pas son premier amour.
- Avant de participer à ce sondage je ne le connaissais pas. Maintenant je le connais et je ne l'oublierai plus.
- J'espère que nous aurons les résultats de ce sondage.
Il peut être utile (déjà rien que pour entretenir sa mémoire) de connaître le numéro de sa voiture. Il suffit de regarder la plaque d'immatriculation arrière, chaque fois que l'on ouvre le coffre de sa voiture.
Cette petite expérience montre qu'il ne suffit pas de demander de répondre par OUI ou par NON pour avoir une idée exacte de l'état de l'opinion.
Je remercie toutes celles et tous ceux qui ont bien voulu participer à ce petit sondage.
La répétition
C'est la première méthode de mémorisation. On finit toujours par retenir ce que l'on répète un grand nombre de fois. Même le plus difficile. Comme on finit par ne plus bien se souvenir, et même par oublier ce que l'on ne fait plus.
Il faut donc répéter pour apprendre et pour consolider ce qui a été appris, mais pas n'importe comment, car le cerveau n'est pas un disque dur d'ordinateur que l'on grave mécaniquement. C'est de la matière vivante qui réagit.
La répétition est plus efficace quand les meilleures conditions (rappelées par ailleurs dans ce blog) sont réunies, avec en particulier, la volonté et le désir de s'approprier en quelque sorte, ce que l'on veut mémoriser.
Les étudiants en médecine et en pharmacie doivent mémoriser un nombre considérable de noms. De génération en génération ils se passent leurs recettes pour retenir des listes de noms d'os, de muscles, de nerfs, de maladies, de symptômes, de substances médicamenteuse, etc...
Chacun apprenant en empruntant les chemins de sa mémoire, ils se servent de tous les procédés pouvant les aider à mémoriser, de la mnémotechnique à la simple répétition.
L'un d'eux m'a dit qu'il faut oublier et réapprendre sept fois la même chose pour la graver définitivement dans sa mémoire.
Si donc après avoir appris quelque chose vous l'avez oublié en croyant l'avoir définitivement retenu, c'est normal. Pas d'inquiétude à avoir sur la santé de votre cerveau ni sur votre capacité intellectuelle. C'est tout simplement que le travail de mémorisation n'a pas été suffisant. Réapprenez-le et oubliez-le encore quelques fois. L'impression se renforcera à chaque nouvelle répétition jusqu'à se graver durablement dans votre mémoire.
La mémoire de nos valeurs fondamentales
Souviens-toi que tout peuple qui s'endort en liberté se réveillera en servitude
Il est impossible de TOUT retenir. L'ordinateur est aujourd'hui le prolongement de notre cerveau, et internet, avec les encyclopédies gratuites comme Wikipédia sont la mémoire de l'Humanité. Mais si l'on ne peut pas tout apprendre et tout retenir, on doit au moins savoir de ce qui est le plus important.
Or ce qui est le plus important, ce sont les valeurs fondamentales, individuelles, sociales et politiques qui doivent régir nos vies, et présider au gouvernement de notre société.
Les valeurs politiques fondamentales sont énoncées dans les trente articles de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, dont nous ne sommes pas sûrs que tout le monde en connaisse l'existence et que chaque citoyen devrait avoir lu une fois, parce qu'elle constitue l'idéal que tous les individus, tous les peuples et tous les états, devraient avoir constamment à l'esprit et devraient s'efforcer d'atteindre.
C'est parce que ces valeurs fondamentales (bafouées dans certaines parties du monde) n'ont pas été toujours reconnues, que leur reconnaissance a été conquise de haute lutte au cours de l'histoire, que leur respect n'est pas acquis une fois pour toutes, que ces valeurs sont constamment menacées et qu'il faut les défendre en permanence, que nous devons les inscrire dans notre mémoire collective et dans nos mémoires individuelles.
(Vous trouverez en annexe le texte et l'historique de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme adoptée par les Nations Unies le 10 décembre 1948 au Palais de Chaillot à Paris).
La mnémotechnique
Les procédés mnémotechniques ne permettent pas de développer la mémoire proprement dite. C'est un ensemble de "recettes" ayant pour but de faciliter la mémorisation de données difficiles à retenir. En voici un exemple pour retenir les 10 premières décimales du nombre PI égal à 3,1415926535......
Il suffit de retenir la phrase suivante :
Que j'aime à faire apprendre ce nombre utile aux sages
3 1 4 1 5 9 2 6 5 3 5
Le nombre de lettres de chaque mot représente un chiffre du nombre PI.
Mais où est donc ORNICAR ?
Les phrases ont une musique. C'est ce qui fait que certaines phrases sont plus poétiques que d'autres. Plus agréables à entendre que d'autres ..... et à retenir.
À l'époque où à l'école primaire, on nous faisait faire des analyses grammaticales et des analyses logiques, on nous faisait apprendre la liste des conjonctions de coordination. Écrites et lues dans l'ordre alphabétique :
car, donc, et, or, ou, mais, ni,
leur énumération n'est pas mélodieuse, n'évoque rien et ne se retient pas facilement.
Mais rangées de la façon suivante :
et, ou, ni, mais, or, car, donc,
Elles forment une suite de sons plus "coulante", plus mélodieuse, qui plait davantage, et qui se retient plus facilement.
Si maintenant avec les mêmes sons, on construit une phrase qui ait un sens et qui en plus, soit originale comme :
"Mais où est donc ORNICAR ?"
On ne les oubliera plus jamais. À chacun d'exploiter les ressources de la mnémotechnique et d'inventer les siennes.
Retenir un nombre
On peut avoir besoin, par exemple, de retenir un numéro de référence sans avoir de quoi le noter.
Retenir un nombre c'est retenir dans l'ordre, des chiffres écrits l'un à la suite de l'autre.
Pour retenir 18 862, on retient mieux en épelant 1. 8. 8. 6. 2, (un, huit, huit, six, deux),
que 18 862 (dix-huit-mille-huit-cent-soixante-deux).
La mémoire fonctionne par association d'idées. Chaque idée appelle celle qui lui est associée. Chaque chiffre étant une idée, en épelant le nombre chiffre par chifre, on "accroche" ces idées de chiffres l'une à la suite de l'autre. L'idée d'un ou des 2 premiers chiffres entraînera les autres 1. 8..... 8. 6. 2
Si le nombre compte plus de 5 chiffres, on le découpe en tranches de 5 chiffres.
Soit à retenir 1 886 249 327
On retiendra mieux en décomposant :
1. 8. 8. 6. 2...... 4. 9. 3. 2. 7
Parce que ça "chante" mieux à l'oreille que : un milliard.... etc.... etc... etc.
Mais si l'inscription se compose de chiffres et de lettres, il peut être plus efficace de la retenir en formant des nombres de 2 à 3 chiffres et des groupes de lettres comme par exemple :
637 NB TM 428
Cela peut servir aussi par exemple pour relever au vol, le numéro d'immatriculation d'une voiture qui prend la fuite après un accident (On peut être dérouté par une immatriculation étrangère que nous n'avons pas l'habitude de voir).
Épeler de préférence les chiffres à haute voix pour faire appel à la mémoire auditive. Si vous n'avez rien pour le noter, répétez-le plusieurs fois pour bien le graver dans votre mémoire jusqu'à pouvoir l'écrire.
Le calcul mental
Le calcul mental consiste à effectuer des calculs sans autre support que la réflexion et la mémoire. Il s'appuie sur un certain nombre de techniques ou d'astuces et de résultats appris par cœur, comme les tables de multiplucation. Savoir calculer mentalement est utile quand on ne dispose d'aucun matériel de calcul et quand on veut évaluer rapidement l'ordre de grandeur d'un résultat.
Dans la pratique deux cas peuvent se présenter. Ou bien nous avons sous les yeux les nombres sur lesquels nous devons opérer, ou bien il nous faut calculer mentalement sur des nombres que nous avons entendus. Dans le second cas il faudra commencer par faire l'effort supplémentaire de fixer ces nombres dans notre mémoire et le travail sera plus difficile.
À condition d'aimer les chiffres, le calcul mental est un excellent exercice pour entraîner ses neurones et sa mémoire. Avec la généralisation des petites calculatrices de poche, on a recours plus facilement à la calculette qu'à ses méninges. Il s'ensuit que beaucoup ne savent plus effectuer mentalement un calcul simple et sont bien embarrassés quand ils n'ont pas de calculette sous la main.
Pas question pour nous de nous lancer à fond dans cette discipline devenue un sport cérébral. Ceux que ça intéresse pourront se tourner vers la Fédération Française de Calcul Mental , 36 rue Valade 31000 Toulouse, qui organise des concours.
http://www.ffcalculmental.fr/
Le seul fait de profiter de toutes les occasions se présentant dans la vie quotidienne pour effectuer mentalement les opérations de base (addition, soustraction, multiplication et divison), suffit à faire travailler sa mémoire. Mais gardez toujours une calculette à portée de la main, pour vérifier vos résultats en cas de doute..... À suivre
Un calculateur prodige : Jacques INAUDI
On ne peut pas parler de calcul mental sans évoquer le célèbre calculateur prodige italien qu'a été Jacques INAUDI (1867 - 1950). Doué d'une mémoire des chiffres exceptionelle, il dit s'être intéressé au calcul mental en comptant avec de petits cailloux tout en gardant les moutons dans son Piémont natal.
À la mort de sa mère, il suivit en France ses deux frères aînés, qui faisaient profession de montreurs de marmottes. Il exerça plusieurs petits métiers à Marseille avant d'être découvert par un imprésario. On a dit qu'il n'avait jamais appris à lire ni à écrire (1). En 1880 l'astronome Camille Flammarion tenta sans succès de l'initier aux calculs scientifiques.
Au début des années 1890, il attira l'attention des psychologues et des médecins, en présentant ses performances devant l'Académie des Sciences (1892-93), et surtout devant le psychologue Alfred BINET qui lui consacra une de ses principales études. Il avait noté sa vitesse de mémorisation.
- 36 chiffres en 1 mn 30 s,
- 57 chiffres en 4 mn 00 s,
- 75 chiffres en 5 mn 30 s,
- 107 chiffres en 12 mn.
et il en avait conclu que le temps de mémorisation croît à peu près comme le carré du nombre de chiffres.
Au cours de son spectacle il calculait en un temps record l'addition et la soustraction de nombres de plus de 20 chiffres annoncés oralement par les spectateurs. Il pouvait trouver en 30 secondes 4 nombres consécutifs connaissant la somme de leurs carrés.
Il effectuait mentalement des élévations au carré et au cube, extrayait en dix minutes les racines carrées et les racines cubiques de nombres proposés par le public tout en plaisant avec les spectateurs.
"J'entends les nombres nettement, disait-il, et c'est l’oreille qui les retient. Je les entends résonner à mon oreille tels que je les ai prononcés, avec mon propre timbre de voix, et cette audition intérieure persiste chez moi une bonne partie de la journée.»
(1) On possède de lui une lettre de remerciement manuscrite adressée à Alfred Binet, mais on suppose qu'elle aurait été rédigée par son impresiaro et qu'il n'aurait fait que la recopier en la calligraphiant.
Calcul mental : l'addition
Voici une méthode. Soit à effectuer :
9 431
+ 2 574
+ 6 280
On procède de la gauche vers la droite parce que nous avons l'habitude d'écrire et de lire les nombres de gauche à droite. Et on travaille jusqu'aux unités simples, sur des nombres ronds de dizaines.
Les résultats partiels sont en bleu.
On commence par additionner mentalement les milles.
9 000 + 2 000 + 6 000 = 17 000
Puis on additionne les centaines
400 + 500 + 200 = 1 100
et on les ajoute mentalement aux milles, en décomposant.
17 000 + 1 000 = 18 000
18 000 + 100 = 18 100
Puis on additionne les dizaines
30 + 70 + 80 = 180
et on les ajoute mentalement au résultat précédent, en décomposant.
18 100 = 100 = 18 200
18 200 + 80 = 18 280
Et enfin on additionne les unités simples et on les ajoute mentalement au résultat précédent.
1 + 4 + 0 = 5
18 280 + 5 = 18 285
Avec des nombres décimaux.
On supprime mentalement les virgules pour calculer sur des nombres entiers après avoir remplacé les décimales manquantes par des zéros. Pour faire :
9 4, 31 + 25
On passe par :
9 431 + 2 500 = 11 931
Et après avoir placé la virgule : 119, 31
Maintenant vous êtes prêt pour vous entraîner en faisant vous courses au supermarché.
Calcul mental : La soustraction
Voici une méthode.
Dans une soustraction arithmétique le premier nombre est toujours plus grand que le second. Soit à effectuer :
9 431
- 2 574
On procède toujours de la gauche vers la droite.
On opère jusqu'aux unités simples sur des nombres ronds de dizianes.
Les résultats partiels sont en bleu.
On commence par retrancher mentalement les milles du bas de ceux du haut..
9 000 - 2 000 = 7 000
Puis on retranche les centaines du bas du résultat précédent.
7 000 - 500 = 6 500
Puis on retranche les dizaines du bas du résultat précédent.
6 500 - 70 = 6 430
Puis on retranche les unités simples du bas du résultat précédent
6 430 - 4 = 6 426
Ensuite on ajoute les centaines du haut au résultat précédent
6 426 + 400 = 6 826
Puis on ajoute les dizianes du haut au résultat précédent
6 826 + 30 = 6 856
Enfin on ajoute les unités simples du haut au résultat précédent
6 856 + 1 = 6 857
Avec des nombres décimaux, comme pour l'addition, on supprime mentalement les virgules pour calculer sur des nombres entiers, après avoir remplacé les décimales manquantes par des zéros, et on place la virgule après avoir trouvé le résultat.
Calcule mental : la table de multiplication
Ah ! la table de multiplication ! Combien d'élèves quittent l'école primaire.... et arrivent même au bac sans connaître leur table de multiplication.
Invité de Jean Jacques Bourdin sur BFMTV, dans son émission du 31 janvier 2011, Olivier Besancenot, porte-parole du NPA (Nouveau Parti Anti-capitaliste), facteur de son métier et par ailleurs titulaire d'une licence d'histoire, a séché à la question "combien font 9 fois 8", posée à brûle-pourpoint par le présentateur.
"Oh non, lui a-t-il répondu, je suis nul à ça !".
Que ceux qui ne connaissent pas leur table de multiplication par 9 ne s'inquiètent pas. Ce n'est pas la preuve d'un défaut d'intelligence. Mais faute de savoir de mémoire combien font 9 fois 8 il est bon de pouvoir le retrouver.... par quelque procédé mnémotechnique.
Pour ceux qui auraient des difficultés avec les tables de multiplication par 6, 7, 8 et 9, il suffit de connaître les tables de 1 à 4 pour les connaître toutes. Voici comment par des exemples.
En remarquant que 6 = 3 + 3
Et que 7 = 3 + 3 + 1
Pour faire 6 fois 9 on fait mentalement :
3 fois 9..... 27
27 et 27..... 54
Pour faire 7 fois 7 on fait mentalement :
3 fois 7..... 21
21 et 21..... 42
42 et 7..... 49
Pour faire 7 fois 9 on fait mentalement :
3 fois 9..... 27
27 et 27..... 54
54 et 9..... 63
Pour multiplier par 5 il suffit de multiplier par 10 et de diviser le résultat par 2.
824 x 5 = ?
824 x 10 = 8240
8240 : 2 = 4120
Petites remarques mnémotechniques :
1° - 8 fois 9 et 9 fois 8 donnant le même résultat, on peut le prendre dans le sens qui nous conviendra le mieux.
2° - Chaque phrase ayant sa "musique", il peut être plus facile pour certains, de retenir 8 fois 9.... 72, que 9 fois 8.... 72.
Ou encore 8 fois 7.... 56, que 7 fois 8... 56
Calcul mental : la multiplication
Elle demande un effort supplémentaire.
La multipliation est l'opération consistant à multiplier un nombre appelé multiplicande par un autre nombre aoppelé multiplicateur.
On suppose que vous connaissez par coeur la table de multiplication.
Commençons par quelque chose de simple.
Soit à effectuer : 31 x 74 = ?
Ou encore :
31
x 74
Détail des opérations :
70 x 30 = 2 100
70 x 1 = 70
2 100 + 70 = 2 170
4 x 30 = 120
2 170 + 100 = 2 270
2 270 + 20 = 2 290
4 x 1 = 4
2 290 + 4 = 2 294
Avec des nombres décimaux on commence par supprimer les zéros non significatifs. Par exemple :
12, 50 devient 12,5
Puis on supprime les virgules pour opérer sur les nombres entiers, sans remplacer les décimales manquantes par des zéros, comme dans l'addition et la soustraction. Le nombre de décimales du résultat est égal aux nombre de décimales des deux nombres de la multiplication.
Pour faire :
38, 75 x 12, 50
On fait :
3 875 x 125 = 484 375
Qui devient après avoir placé la virgule (3 décimales):
484, 375
Petit rappel
Pour multiplier un nombre entier par 10, 100 ou 1000, on ajoute un, deux ou trois zéros à la droite de ce nombre.
53 x 10 = 530
53 x 100 = 5300
53 x 1000 = 53000
Pour multiplier un nombre décimal par 10, 100 ou 1000, on déplace la virgule d'un, deux ou trois rangs vers la droite, en remplaçant, s'il y a lieu, les décimales manquantes par des zéros.
534, 728 x 100 = 53472, 8
534, 7 X 100 = 53470
L'orthographe des mots
À l'époque où "la dictée de Bernard Pivot" était diffusée à la télévision, chacun a pu constater que les journalistes qui prenaient part (hors concours) à cette compétition ne brillaient pas particulièrement en orthographe, alors que c'est leur métier d'écrire. Ne vous culpabilisez donc pas si l'orthographe de certains mots fait de la résistance chaque fois que vous avez à les écrire. Il s'agit le plus souvent d'une question de double lettre, de trait d'union, d'accent, du pluriel de mots composés ou de mots ayant une consonance proche comme courir et courrier.
Si vous devez souvent rédiger des textes qui doivent être lus par d'autres, il est conseillé d'avoir toujours un petit Larousse de poche sous la main. Mais mieux vaut mémoriser les mots dont l'orthographe refuse de se laisser domestiquer. Plutôt que d'avoir à feuilleter chaque fois votre dictionnaire pour les mêmes mots, voici un moyen de les maîtriser définitivement.
Dressez la liste des mots que vous désirez retenir (il n'y en aura pas des milliers), et consultez-là chaque fois que vous en aurez besoin au lieu de recourir systématiquement au dictionnaire. Ce qui à la fin devient fastidieux. Chaque fois que vous la consulterez vous lirez non seulement le mot recherché, mais aussi ceux qui sont à côté et le bénéfice sera double.
Les associations d'idées
Lorsque deux informations, deux images mentales, deux idées sont mémorisées ensemble, le rappel de la première entraîne automatiquement celui de la seconde. Cette propriété peut être utilisée pour mémoriser une liste de noms à retenir, n'ayant aucun rapport entre eux, dans un ordre donné. Voici un exemple.
Sur une colonne on dresse la liste des nombres de 1 à X...
À côté de chaque nombre on inscrit dans l'ordre un mot de la liste à retenir.
1 Chapeau
2 rivière
3 sourire
4 chocolat
5 ...
et ainsi de suite.
En apprenant cette liste par coeur, il suffira de réciter la suite des nombtres de 1 à X pour rétablir dans l'ordre la liste de noms qui leur sont associés.
Lisez !
La mémoire n'est pas une activité mentale indépendante des autres. Toute activité cérébrale est en relation avec la mémoire et agit plus ou moins sur elle. De toutes celles auxquelles nous pouvons nous livrer, la lecture, en faisant travailler nos neurones, est l’activité cérébrale par excellence. Lisez ce qui vous plaira mais lisez. Lisez pour le plaisir. Lisez par curiosité. Livres, journaux ou magazines. Lisez pour vous détendre ou pour apprendre mais lisez ! Sans que vous en ayez conscience, votre mémoire en tirera toujours une certain profit.
Ayez quelques centres d'intérêt. Internet met aujourd'hui à peu de frais et à porter de clic, une source inestimable et inépuisable d'informations et de culture qui est sous-exploitée. Profites-en.
Apprenez une poésie par cœur
Apprenez une poésie par cœur et récitez-la pour le plaisir.... et pour tester votre mémoire. Je vous propose Le Cor d'Alfred De Vigny, mais vous en trouverez sur internet autant que vous voudrez et que vous aimerez.
Pour en venir à bout, prenez votre temps, apprenez les strophes l'une après l'autre et ne passez pas à la suivante avant de savoir par cœur la précédente.
Lisez-les plusieurs fois à haute voix, pour associer la mémoire visuelle à la mémoire auditive. Puis essayez de la réciter de mémoire (de préférence à quelqu'un qui vous suivra texte en main pour vérifier que vous ne faites pas d'erreur.).
Puis par la suite, faites de temps en temps votre gymnastique en la récitant, pour stimuler votre mémoire. Mais surtout, ne vous reposez pas avant de l'avoir apprise par cœur, comme si vous deviez la déclamer en public.
Arrivé à la dernière strophe vous pourrez être content de vous et de votre mémoire.
Le Cor
J'aime le son du cor, le soir au fond des bois,
Soit qu'il chante les pleurs de la biche aux abois,
Ou l'adieu du chasseur que l'écho faible accueille
Et que le vent du nord porte de feuille en feuille.
Que de fois seul dans l'ombre à minuit demeuré,
J'ai souri de l'entendre, et plus souvent pleuré!
Car je croyais ouïr de ses bruits prophétiques
qui précédaient la mort des paladins antiques.
Ô montagne d'azur! Ô pays adoré,
Rocs de la Frazona, cirque du Marboré,
Cascades qui tombez des neiges entraînées;
Sources, gaves, ruisseaux, torrents des Pyrénées,
Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons,
Dont le front est de glace et le pied de gazon!
C'est là qu'il faut s'asseoir, c'est là qu'il faut entendre
Les airs lointains d'un cor mélancolique et tendre.
Souvent un voyageur, lorsque l'air est sans bruit,
De cette voix d'airain fait retentir la nuit;
A ses chants cadencés autour de lui se mêle
L'harmonieux grelot du jeune agneau qui bêle.
Une biche attentive, au lieu de se cacher,
Se suspend immobile au milieu du rocher,
Et la cascade unit dans une chute immense
Son éternelle plainte aux chants de la romance.
Âmes des chevaliers, revenez-vous encore ?
Est-ce vous qui parlez avec la voix du cor ?
Roncevaux! Roncevaux! dans ta sombre vallée,
L'ombre du grand Roland n'est donc pas consolée !
Le Cor d'Alferd de Vigny se compose de quatre parties. Ceci n'est que la première. Vous trouverez le texte intégral en annexe à la fin du blog. Bon courage.
Si à 80 ans, vous êtes capable d'apprendre par cœur Le Cor d'Alfred de Vigny (qui n'est pas facile à apprendre fidèlement), et de le réciter sans vous tromper, vous pouvez dormir tranquille, non seulement alzheimer peut attendre. mais vous pourriez encore apprendre n'importe quoi.
Petits conseils
Tous les moyens sont bons pour mémoriser. C'est le résultat qui compte.
Imprimez-la en caractères moyennement gros (arial 12). Imprimez en gras le premier vers de chaque strophe et surlignez au feutre jaune les passages qui résistent.
Variez l'entraînement. Fournissez l'effort quand vous vous sentez au mieux et décrochez lorsque vous sentez que la "machine" répond moins bien.
Dans la phase de mémorisation, c'est la répétition de la lecture attentive qui est efficace. À ce stade, la répétition de la récitation n'est que la vérification de ce que l'on a appris.
Méthode générale
Cette poésie est composée d'alexandrins (vers de 12 pieds).
J'aime le son du cor le soir au fond des bois.
Chaque alexandrin se compose de deux hémistiches ( un demi vers ou 6 pieds)
J'aime le son du cor / le soir au fond des bois.
Pour mémoriser un objet, il faut concentrer son attention sur cet objet. Or on ne peut pas fixer son attention sur la totalité d'un vers qui ne peut être lu qu'en le balayant du regard. On retient mieux en lisez lentement, et en fixant son attention successivement sur des groupe de mots, qu'en parcourant le texte à toute vitesse.
On lira donc un hémistiche à la fois, en concentrant son attention un bref instant sur ce groupe de mots.
J'aime le son du cor / le soir au fond des bois,
Soit qu'il chante les pleurs / de la biche aux abois,
Ou l'adieu du chasseur / que l'écho faible accueille
Et que le vent du nord / porte de feuille en feuille.
Pour varier l'entraînement
On peut fractionner le texte un peu plus.
J'aime / le son du cor / le soir / au fond des bois,
Soit / qu'il chante / les pleurs / de la biche / aux abois,
Ou l'adieu / du chasseur / que l'écho / faible accueille
Et que / le vent du nord / porte / de feuille en feuille.
Autre exercice
N'écrire que les mots clés et compléter les phrases en lisant.
... biche ... attentive ... lieu ... cacher...
... suspend ...immobile ...milieu ... rocher...
... cascade ... unit ... chute ... immense ...
... éternelle ... plainte ... chant ... romance...
Variante de l'exercice précédent
Au lieu de ne conserver que des mots clés, on les supprime.
Une .... .... au .... de se ....
Se .... .... au .... du ....
Et la .... .... dans une .... ....
Son .... .... aux .... de la ....
On peut aussi....
- En matière de mémorisation comme en matière de cuisine, c'est le résultat final qui compte et non la manière dont le plat a été préparé. Cela est particulièrement vrai pour les acteurs de théatre qui ont des rôles difficiles à apprendre. On ne voit pas le travail de mémorisation qui a été fait avant de se produire sur la scène.
- S'il s'agit d'une pièce de vers beaucoup plus longue, ou du rôle d'une pièce de théatre, on peut l'enregistrer au magnétophone, et l'écouter attentivement en imaginant la scène.
- Pour un texte difficile à retenir, on peut aller jusqu'à le recopier à la main, en prononçant les mots à haute voix en les écrivant. Ce faisant on associe la mémoire du geste aux mémoires visuelle et auditive.
- Et si un passage fait de la résistance (allez savoir pourquoi ?), répéter-le cent fois à haute voix. Il finira par s'imprimer.
Citations sur la mémoire et l'oubli
- La mémoire est necessaire pour toutes les opérations de la raison. (Blaise Pascal)
- La mémoire est comme les muscles, elle se fortifie dans le travail et s'étiole dans la paresse (Georges Duhamel).
- La mémoire est dans le coeur, car quand elle ne nous vient pas de cet endroit, nous n'en avons pas plus que des lièvres.
(Mme de Sévigné)
- Il appartient à la tête de réfléchir mais tout le corps a de la mémoire.(Joseph Joubert).
- L'oubli et la mémoire sont aussi nécessaires l'un que l'autre.
- Le prix s'oublie, la qualité reste (slogan publicitaire).
- La culture c'est ce qui reste quand on a tout oublié. (Émile Henriot).
- Le diplôme est pour certains, un permis de ne plus rien apprendre et d'oublier ce qu'ils ont appris.
- Oublie celui à qui tu as fait du bien, mais n'oublie jamais celui qui t'en a fait.
- Fais du bien et il sera vite oublié. Mais si tu fais du mal, on s'en souviendra longtemps.
- Tout métier qui ne fait pas oublier le travail est un esclavage.
Bibliographie et documentation
(À compléter)
0
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ANNEXE
Le Cor
J'aime le son du Cor, le soir, au fond des bois,
Soit qu'il chante les pleurs de la biche aux abois,
Ou l'adieu du chasseur que l'écho faible accueille,
Et que le vent du nord porte de feuille en feuille.
Que de fois, seul, dans l'ombre à minuit demeuré,
J'ai souri de l'entendre, et plus souvent pleuré !
Car je croyais ouïr de ces bruits prophétiques
Qui précédaient la mort des Paladins antiques.
O montagnes d'azur ! ô pays adoré !
Rocs de la Frazona, cirque du Marboré,
Cascades qui tombez des neiges entraînées,
Sources, gaves, ruisseaux, torrents des Pyrénées ;
Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons,
Dont le front est de glace et le pied de gazons !
C'est là qu'il faut s'asseoir, c'est là qu'il faut entendre
Les airs lointains d'un Cor mélancolique et tendre.
Souvent un voyageur, lorsque l'air est sans bruit,
De cette voix d'airain fait retentir la nuit ;
A ses chants cadencés autour de lui se mêle
L'harmonieux grelot du jeune agneau qui bêle.
Une biche attentive, au lieu de se cacher,
Se suspend immobile au sommet du rocher,
Et la cascade unit, dans une chute immense,
Son éternelle plainte au chant de la romance.
Ames des Chevaliers, revenez-vous encor?
Est-ce vous qui parlez avec la voix du Cor ?
Roncevaux ! Roncevaux ! Dans ta sombre vallée
L'ombre du grand Roland n'est donc pas consolée !
II
Tous les preux étaient morts, mais aucun n'avait fui.
Il reste seul debout, Olivier prés de lui,
L'Afrique sur les monts l'entoure et tremble encore.
"Roland, tu vas mourir, rends-toi, criait le More ;
"Tous tes Pairs sont couchés dans les eaux des torrents."
Il rugit comme un tigre, et dit : "Si je me rends,
"Africain, ce sera lorsque les Pyrénées
"Sur l'onde avec leurs corps rouleront entraînées."
"Rends-toi donc, répond-il, ou meurs, car les voilà."
Et du plus haut des monts un grand rocher roula.
Il bondit, il roula jusqu'au fond de l'abîme,
Et de ses pins, dans l'onde, il vint briser la cime.
"Merci, cria Roland, tu m'as fait un chemin."
Et jusqu'au pied des monts le roulant d'une main,
Sur le roc affermi comme un géant s'élance,
Et, prête à fuir, l'armée à ce seul pas balance.
III
Tranquilles cependant, Charlemagne et ses preux
Descendaient la montagne et se parlaient entre eux.
A l'horizon déjà, par leurs eaux signalées,
De Luz et d'Argelès se montraient les vallées.
L'armée applaudissait. Le luth du troubadour
S'accordait pour chanter les saules de l'Adour ;
Le vin français coulait dans la coupe étrangère ;
Le soldat, en riant, parlait à la bergère.
Roland gardait les monts ; tous passaient sans effroi.
Assis nonchalamment sur un noir palefroi
Qui marchait revêtu de housses violettes,
Turpin (1) disait, tenant les saintes amulettes :
"Sire, on voit dans le ciel des nuages de feu ;
"Suspendez votre marche; il ne faut tenter Dieu.
"Par monsieur saint Denis, certes ce sont des âmes
"Qui passent dans les airs sur ces vapeurs de flammes.
"Deux éclairs ont relui, puis deux autres encor."
Ici l'on entendit le son lointain du Cor.
L'Empereur étonné, se jetant en arrière,
Suspend du destrier la marche aventurière.
"Entendez-vous ! dit-il. - Oui, ce sont des pasteurs
"Rappelant les troupeaux épars sur les hauteurs,
"Répondit l'archevêque, ou la voix étouffée
"Du nain vert Obéron (2) qui parle avec sa Fée."
Et l'Empereur poursuit ; mais son front soucieux
Est plus sombre et plus noir que l'orage des cieux.
Il craint la trahison, et, tandis qu'il y songe,
Le Cor éclate et meurt, renaît et se prolonge.
"Malheur ! c'est mon neveu ! malheur! car si Roland
"Appelle à son secours, ce doit être en mourant.
"Arrière, chevaliers, repassons la montagne !
"Tremble encor sous nos pieds, sol trompeur de l'Espagne !
IV
Sur le plus haut des monts s'arrêtent les chevaux ;
L'écume les blanchit ; sous leurs pieds, Roncevaux
Des feux mourants du jour à peine se colore.
A l'horizon lointain fuit l'étendard du More.
"Turpin, n'as-tu rien vu dans le fond du torrent ?
"J'y vois deux chevaliers : l'un mort, l'autre expirant
"Tous deux sont écrasés sous une roche noire ;
"Le plus fort, dans sa main, élève un Cor d'ivoire,
"Son âme en s'exhalant nous appela deux fois."
Dieu ! que le son du Cor est triste au fond des bois !
(1) Turpin : archevêque de Reims.
(2) Obéron : roi des génies aériens dans la mythologie scandinave.
La Chanson de Roland
La Chanson de Roland est un pème épique de 4000 vers, de la fin du XIème siècle, célébrant les vertus de la chevalerie, de l'honneur féodal et de la foi.
Voir Wikipédia:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chanson_de_Roland
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LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L'HOMME
La Déclaration universelle des droits de l'Homme a été adoptée par l'Assemblée générales des Nations Unies le
10 décembre 1948 au Palais de Chaillot à Paris. Elle précise les Droits humains fondamentaux. Sans véritable portée juridique en tant que tel, ce texte n'a que la valeur d'une Déclaration de Droits.
48 États sur les 58 participants devaient adopter cette Charte universelle. Aucun État ne s'est prononcé contre, huit se sont abstenus et deux n'ont pas pris part au vote. Parmi eux, l'Afrique du Sud de l'Apartheid, refuse l'affirmation au droit à l'égalité sans distinction de naissance ou de race ; l’Arabie saoudite conteste l'égalité homme-femme, La Pologne, la Tchecoslobvaquie, la Yougoslavie, et l'Union soviétique (Russie, Ukraine, Biélorussie), s'abstiennent, en raison d'un différend concernant la définition du principe fondamental d’universalité tel qu'il est énoncé dans l’article 2 alinéa 1. Enfin, les deux États n'ayant pas pris part au vote sont le Yemen et le Honduras.
Le texte, inspiré directement de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, énonce les droits fondamentaux de l’individu, leur reconnaissance, et leur respect par la loi. Il comprend aussi un préambule avec huit considérations reconnaissant la nécessité du respect inaliénable des droits fondamentaux de l'homme par tous les pays, nations et régimes politiques, et qui se conclut par l’annonce de son approbation et sa proclamation par l'Assemblée générale des Nations Unies.
Le texte du préambule et de la déclaration est inamovible. Sa version en français, composé de 30 articles, est un original officiel, signé et approuvé par les membres fondateurs des Nations unies.
Pour commémorer son adoption, une Journée des Droits de l'Homme est célébrée chaque année le 10 décembre.
Ce document fondateur continue d’être, pour chacun d’entre nous, une source d’inspiration pour promouvoir l'exercice universel des droits de l'homme.
TEXTE
Préambule
Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.
Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme.
Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression.
Considérant qu'il est essentiel d'encourager le développement de relations amicales entre nations.
Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.
Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Considérant qu'une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement.
L'Assemblée Générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.
Article premier
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Article 2
1 - Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2 - De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.
Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Article 4
Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
Article 5
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Article 6
Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.
Article 7
Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.
Article 8
Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.
Article 9
Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.
Article 10
Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.
Article 11
1 - Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
2 - Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d'après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'acte délictueux a été commis.
Article 12
Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.
Article 13
1 - Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
2 - Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.
Article 14
1 - Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.
2 - Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.
Article 15
1 - Tout individu a droit à une nationalité.
2 - Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.
Article 16
1 - A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2 - Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.
3 - La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat.
Article 17
1 - Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété.
2 - Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.
Article 18
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.
Article 19
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
Article 20
1 - Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.
2 - Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association.
Article 21
1 - Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
2 - Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3 - La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.
Article 22
Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays.
Article 23
1 - Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2 - Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3 - Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4 - Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.
Article 24
Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.
Article 25
1 - Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
2 - La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.
Article 26
1 - Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2 - L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3 - Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.
Article 27
1 - Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2 - Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.
Article 28
Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.
Article 29
1 - L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seule le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2 - Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
3 - Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.
Article 30
Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.
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ANECDOTES
Un oubli.... et 140 000 francs partent en fumée.
Un samedi Christiane et Yvon, tous deux agents de lycée reçoivent une somme de 140 000 francs. C'était à l'époque des anciens francs et pour avoir une idée de l'importance de la somme disons qu'elle représentait deux mois de salaire. Leur banque était fermée le samedi, ils n'ont pas pu déposer cet argent et l'ont gardé à leur domicile.
Devant sortir quelques heures pour faire des courses, et dans la crainte d'être cambriolés, Christiane a l'idée de cacher cet argent dans la rôtissoire. À leur retour en début de soirée, Christiane branche la rôtissoire en oubliant qu'elle y avait caché l'argent et se met à préparer le plat qu'elle voulait réchauffer. Quand l'odeur de brûlé a commencé à se faire sentir c'était trop tard, les billets étaient carbonisés.
Affolée, Christiane téléphone immédiatement à un ami banquier pour lui raconter sa mésaventure. Celui-ci lui répond : "Ne touchez surtout pas aux billets et apportez-les tels qu'ils sont à la Banque de France. Ça devrait pouvoir s'arranger".
C'est ce qu'ils ont fait le lundi suivant, après avoir passé un très mauvais week-end comme on peut l'imaginer.
Par chance pour eux, la Banque de France a réussi à reconstituer les numéros des billets et ils ont été remboursés. Voilà une histoire d'oubli dont les conséquences, graves en elles-mêmes ont pu être réparée, mais que Christiane et Yvon ne sont pas près d'oublier.
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